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vendredi 06 juillet

Une coloc, deux blondes : the end

J'avais bien pris soin ce matin de ne pas trop me maquiller les yeux.

Hagarde j'ai déambulé dans la ruche, Kena donnant des instructions pour manoeuvrer le camion, son père et Petite Taupe portant le canapé-lit dans les escaliers et puis soudain il était temps.

Nous nous sommes fort serrées dans les bras, nous souhaitant mutuellement le meilleur et bonne chance pour la suite...

Elle m'a dit de ne pas pleurer, mais ses yeux aussi brillaient.

La prochaine fois qu'elle viendra à Paris, elle dormira à l'appartement. Mais sera notre invitée.

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jeudi 17 mai

Une coloc de blondes

Ce matin, Kena et moi avons vécu un grand moment dans notre vie de colocataires : nous avons rempli notre premier constat d'assurance pour un dégât des eaux.

J'ai très peu parlé de Kena sur ce blog. Par respect, tout simplement. Elle sait que j'écris, mais ne me lit pas. A quelques occasions, je lui ai montré des articles - celui sur notre quête de l'appart' l'a bien fait rire, quoiqu'elle m'ait dit "Kena ? C'est moche comme pseudo ! "

Plus que ma coloc, Kena est une amie. Nous nous sommes rencontrées dans notre école à Grenoble. Avec une autre nana, blonde comme elle et moi, nous sommes rapidement devenues inséparables en cours et aussitôt surnommées "la bande des blondes" (voire la blonde-connection). Originaire de Grenoble, elle n'était pas déracinée comme moi et ne cherchait pas à construire des relations d'amitié ; mais au fur et à mesure que nous apprenions à nous connaître, nous nous sommes attachées l'une à l'autre par des liens pas forcément serrés mais forts, dans le sens où sans être les amies les plus proches, nous avons un grand respect et une grande confiance l'une dans l'autre : le fait que nous ayons reçu une éducation basée sur les mêmes principes, les mêmes valeurs, nous a sans doute beaucoup aidées.

Au delà de son image de canon (il faut bien le dire, Kena est une fille tout simplement sublime), ma coloc est bosseuse, intelligente, accessible dès lors qu'on sait l'apprivoiser. Facile d'être complexée face à une fille pareille (dieu merci, je n'ai pas pour habitude de me mettre en compétition avec mes amies). Elle est surtout fiable, honnête, présente. Elle qui semble être une fille parfaite qui ne connaît pas la définition du mot "problème" a des failles qu'elle livre quand elle a confiance. J'espère m'être montrée à la hauteur. Comme elle a été là.

Durant ma dépression, Kena a été un soutien sans faille. Pas un mot de reproche quand je n'avais plus de force pour faire quoi que ce soit. Une présence aussi rassurante que bienveillante, je ne sais si elle et Petite Taupe ont tenu des conciliabules secrets pour monter des plans visant à me remonter le moral, mais le fait est que ce sont ces deux-là qui m'ont vraiment aidée à sortir du trou. Et ça, je ne l'oublierai jamais.

Au quotidien, nous nous sommes le plus souvent croisées - au premier semestre avec Mac Ro, j'avais un emploi du temps de dingue - , échangé des magazines féminins, parfois pris des repas ensemble debout dans la cuisine (nous n'avons pas de pièce commune), et comme j'aime ces soirées où l'une toque tout doucement à la porte de l'autre, vient s'asseoir sur son lit et nous parlons pendant des heures de tout ce qui nous fait vivre. Avec toujours un grand respect pour notre intimité respective, comme le fait de lui laisser l'appartement rien qu'à elle quand son amoureux débarque de Californie pour la voir... Des petites attentions l'une pour l'autre, comme la fois où j'avais 40° de fièvre et qu'elle est allée m'acheter mon magazine préféré. Des petits détails qui font la différence. Nos cadeaux de Noël. Nos soupirs exaspérés devant le lave-linge qui rend l'âme. Nos étages dans le frigo. Nos regards embrumés quand on se croise au réveil. Nos douches écourtées pour laisser de l'eau chaude à l'autre. Notre quotidien.

Je veux la remercier pour cette belle année. J'ai prévu de l'inviter dans un restaurant de renom en bas de chez nous sur lequel elle lorgne depuis mon arrivée, avec mon premier salaire. Tandis qu'aujourd'hui, Kena débarque dans ma chambre :"il y a un truc que tu as envie de manger en ce moment ? ". Moi, le ventre plein de mon déjeuner "euh, pas vraiment". Elle "non mais pas maintenant, c'est juste que je voudrais t'inviter au resto un de ces jours". Décidément, nous sommes raccord jusque dans nos invitations.

Kena partira au début du mois de juillet, Petite Taupe viendra s'installer dans l'appartement. La chambre de Kena deviendra le salon, il n'y aura plus que deux brosses à dents dans la salle de bain. Rien ne me comble plus que cet emménagement. Mais cette année passée avec elle restera à jamais un souvenir de complicité, de partage et de sourires.

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mercredi 16 mai

Hermann

Dimanche dernier, j'ai adopté Hermann. Hermann, c'est un bébé dont il faut prendre grand soin avant de le découper en quatre, de le passer au four et de manger pour un quart, et d'offrir ce qui reste à vos amis.

Bon, pas un vrai bébé, hein. Comme l'explique très bien le Marquis de Gorgonzola, Hermann est un "pain de l'amitié... C'est un peu le concept des chaînes de lettres sur Internet... A la différence près qu'il ne s'agit  là, ni de se cotiser pour le pacemaker de Bryan, ni de retrouver la petite Patricia âgée de 5 ans et perdue depuis 1996". Hermann est un pain au levain à la mode du mouvement perpétuel, tant qu'on le nourrit il grossit, et on finit donc au terme d'une procédure rigoureusement par le séparer en quatre parties pour offrir ses rejetons à ses amis. Bref, c'est une idée que je trouve à la fois originale et rigolote, qui ne pouvait que me plaire.

Par l'intermédiaire du Marquis, la Souris Blonde m'a offert d'adopter un des petits d'Hermann dimanche dernier. Je rapporte donc l'objet du délit à la maison, l'installe confortablement dans un grand saladier (très grand si possible, le Hermann gonflé à blog au levain à tendance à vouloir jouer les filles de l'air s'il est installé dans un récipient trop petit à son goût), un torchon propre sur le tout.

Je lis scrupuleusement les instructions : jour 1, jour 2, jour 3 : remuer Hermann. A partir du jour 4 les choses se compliquent, je devrai le nourrir de lait, de sucre, de farine, et le remuer encore et encore parce que Hermann aime bien les massages. Avant de le partager à mon tour ce dimanche (s'il y a des amateurs, qu'ils le disent maintenant ou se taisent à jamais).

Petite digression. En ce moment, je bosse comme une dingue en stage. Mais rien à voir avec le travail que fournit ma coloc Kena pour son propre stage, elle qui veut à tout prix être embauchée dans sa boîte, dont le siège est situé précisément dans LA ville des USA où habite le petit ami de Kena. Comme quoi, l'amour est une bonne carotte pour le boulot (quelle idée d'avoir son copain outre-atlantique, aussi ?). Bref. Kena bosse tous les jours jusqu'à des heures indues, elle rentre le soir complètement vannée et doit en plus réviser ses partiels en ce moment. En un mot, Kena est stressée.

Alors quand hier, je l'ai appelée pour la prévenir que je ne dormirais pas à l'appart le soir même pour retrouver Petite Taupe, et quand je lui ai demandé si elle pouvait remuer Hermann, qu'il y a eu un blanc de quelques secondes au bout du fil avant qu'elle ne se rappelle qui est Hermann et qu'elle a soudain explosé de rire comme elle n'a pas ri depuis longtemps, je me suis dit que vraiment, Hermann c'était un vrai pote. Un de ceux qui savent vous redonner le sourire.

Merci encore, la Souris.

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samedi 24 mars

Temps de chien à faire le chat

Je suis rentrée chez moi en pestant contre le mauvais temps, ça devrait être interdit de faire si froid en mars, il y a tellement de brouillard que je n'arrive même pas à apercevoir le haut de la Tour Effeil et pourtant j'habite juste à côté. Mes petits petons sont trempés, ne parlons même pas de l'état de mes ballerines (elles étaient jolies pourtant - paix à leur âme), mon tout nouveau jean de ce matin (même que j'ai pas encore fait l'ourlet) ruisselant d'eau - le fait d'avoir marché dans quelques flaques n'a sans doute pas arrangé son cas.

Mauvaise humeur et rhume plus que probable donc étaient donc mon lot en rentrant chez moi. J'ai encore râlé en enlevant mes chaussures, mes pieds nus sur le carrelage glacé, mon jean à faire sécher, mes cheveux ondulés par la pluie qui me donnent l'air d'un caniche famélique.

Et puis j'ai décidé que bordel, c'était samedi après-midi, et qu'on allait pas râler toute la vie. J'ai retiré mon jean,  en ai enfilé un autre -troué, mais confortable, et surtout sec-, un gros pull col roulé, une veste polaire par dessus, ai hésité entre me préparer un lait chaud et un thé au miel (ça sera le thé), et me suis installée sur mon lit, Henry Purcell dans les oreilles, les effluves d'une bougie parfumée à la vanille dans les narines, mon ordinateur portable sur les genoux qu'il me réchauffe délicieusement, la tasse brûlante à portée de main, et surtout le téléphone portable éteint.

Ce qu'elles sont douces, ces petites bulles de bien-être qui vous transposent dans du coton quand vous avez couru - et vous apprêtez à travailler- toute la journée... En mode "pause" dans une vie bien chargée, qu'il est bon de faire le chat, quand la pluie caresse les toits un samedi après-midi.

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vendredi 16 mars

Live in Invalides

J’aime traverser l’Esplanade des Invalides le matin, quand le soleil fait scintiller les statues d’or du pont Alexandre III et que les martinets tournoient en vols organisés par-dessus les baies vitrées du Grand Palais sur un fond de ciel bleu.

Mais ce matin, il n’y avait pas de soleil quand j’ai traversé l’Esplanade. Mes doigts bleuis par le froid cherchaient vainement des poches où s’emmitoufler, l’herbe humide et glacée craquait sous mes pieds, la partie supérieure du dôme se perdait dans le brouillard, et penser apercevoir un bout de Tour Eiffel était simplement illusoire.

J’ai pressé le pas et serré les doigts, j'ai rentré la tête dans les épaules. En avril, ne te découvre pas d’un fil, en mai, fais ce qu’il te plaît.

Et en mars ? En mars, si tu as cru que le printemps était déjà là, tu n’es rien qu’une grosse quiche, pardi (même si ça ne rime pas).

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lundi 05 mars

Bon appétit (bien sûr)

N'allez pas croire que je déteste toutes les petite bêtes du bon dieu, au point de vouloir les écrabouiller à grands coups de talons aiguille (quoique...).

Mais franchement, trouver un cafard crevé dans mes carottes la semaine dernière, et deux limaces bien vivantes dans mon chou-fleur aujourd'hui, c'est à vous dégoûter d'achetez vos légumes chez Ed, non ?
(d'acheter des légumes tout court ?)

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vendredi 19 janvier

Tel maître, tel chien

Dans le VIIème arrondissement, on aime les bêtes à quatre pattes. Si possibles petites, terriblement onéreuses et dotées d'un pedigree plus pur que celui du Roi de Belgique.

Ce matin j'ai croisé cette dame au look très british, d'un certain âge, qui promenait Pepette en lisant The Herald Tribune ET en buvant son café (promener son chien en buvant son café ET en lisant son journal, quel gain de temps quand on y pense). Anecdotique, amusant ?

Sûrement beaucoup moins que ces femmes que l'on voit régulièrement. Non seulement leur toutou a un petit manteau Burberry identique à celui de leur maîtresse, mais la paire a régulièrement le poil lissé, voire brushé, et parsemé de grandes mèches blondes.

A se demander qui va chez le coiffeur, qui va chez le toiletteur.

Décidément, j'adore mon quartier.

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mardi 02 janvier

Pas de fric c'est pas chic

Dans ma cour il y a une école américaine. Dans une rue adjacente, c'est un collège italien installé dans un immeuble genre art-déco. Sur les pâtés de maison alentours je dénombre au moins trois ambassades.

Juste à côté de chez moi il y a une enseigne de location de limousines. Et à peine plus loin, un concessionnaire Porsche.

En sortant de mon immeuble, on trouve d'ailleurs toutes sortes de commerces. Boulangeries boucheries pharmacies, et de très nombreux magasins de vêtements dont les prix ne sont pas toujours indiqués sur la devanture.

Dans ma rue il y a des bars chicos et des restaurants jusqu'à plus soif. Mon quartier déborde d'hôtels comptant plus d'étoiles ou presque que la voie lactée, il faut bien accueillir les nombreux étrangers qui viennent dans le coin.

Parce que d'un côté de ma rue il y a les Invalides avec son lot de touristes, et de l'autre côté la Tour Eiffel avec son flot de touristes.

Mais en bas de chez moi comme dans tant d'autres endroits, il y a une personne sans domicile, fixe ou pas c'est dehors qu'elle passera la nuit, une personne qui dort sur une bouche d'aération du métro pour tenter de se réchauffer sous la pluie.

J'ai posé silencieusement une pièce dans le chapeau vide à côté d'elle. Et je suis rentrée chez moi, dans mon immeuble chic du septième protégé par un digicode et un interphone, j'ai retiré mon manteau mouillé par la pluie et me suis nstallée sous une couverture pour écrire ces quelques lignes grâce à mon ordinateur portable connecté en permanence à Internet grâce au wifi.

Y'a pas photo. Le fric, c'est chic.

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mardi 19 décembre

Le moment M

M comme Maïté bien sûr.

Recette savoureuse pour étudiants fauchés : Délice de grains de paradis sur rivière écarlate.

Ingrédients :
- Grains de paradis (semoule grains moyens, grande boîte 0,97 euros)
- Rivière écarlate (tomacoulis, 1,21 euros les trois)
- Neige d'argent (fin de la salière)
- Or fondu (beurre demi-sel allégé dont la date de péremption semble écoulée depuis un certain temps).

Ustensiles :
- Une bouilloire
- Une assiette à soupe
- Une fourchette

Faîtes chauffer de l'eau du robinet dans la bouilloire jusqu'à ébullitions. Préparez votre semoule en la répartissant généreusement dans l'assiette à soupe. Recouvrir d'eau bouillante, laissez imprégner quelques instants, verser à nouveau de l'eau jusqu'à absorption complète du liquide et renouveler l'opération autant de fois que nécessaire.

Couper deux ou trois morceaux de beurre (c'est selon) à l'aide de la tranche de la fourchette. Disposez régulièrement sur l'assiette.

Versez quelques larmichettes de Tomacoulis selon votre goût.

Arrosez généreusement de sel pour en donner (du goût).

C'est fumant, c'est chaud, c'est bon.

Bon appétit, bien sûr.

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mercredi 13 décembre

Ca sent le sapin

Pas d'inquiétude, je ne compte pas me tirer une balle (une balle de quoi, d'ailleurs ?) ni me jeter par la fenêtre (du premier étage, je risque au mieux de me démettre une épaule ou de me casser une jambe).

Non, non, "ça sent le sapin", c'est ce que je me disais hier, alors que j'étais tranquillement vautrée sous la couette installée en position propice au sommeil à l'heure de la sieste.

Parce que voyez-vous, non seulement depuis vendredi ma chambre est équipée d'un splendide canapé-lit premier prix de chez Suèdeland, mais ce week-end j'ai fait l'aquisition merveilleuse quoiqu'éphémère de sapin de Noyel. Il brille, il perd ses épines, et surtout il sent bon la fête.

Même que la porte ouverte, de mon lit bien au chaud sous mes draps en attendant le retour de Kena pour papoter (une amie qui fait office de coloc, ou l'inverse, on n'a pas encore inventé mieux pour papoter), cette senteur toute particulière de bois et d'épines mêlés de sève, que je ne connais qu'aux Nordmann, me rentre en plein dans les narines.

Et on a beau dire, depuis le chocolat, on n'a pas encore inventé d'odeur plus euphorisante, n'en déplaise à ceux qui s'attristent du génocide annuel de ces petits arbres innocents et néanmoins odorants.

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