mardi 10 juin
Voilà qui ne va pas arranger mon complexe de supériorité
Lu sur un forum, un topic sur l'actu genre "toutes ces atrocités c'est monstrueux, c'était mieux avant" :
Kevina a écrit:
le vrai problème en faite est plutot que la criminalité a changé. (plus de sadisme/ banalisation des actes....) c'est surtout au niveau de sa propre famille que cela s'agrave (parents pédophile/ enfants violants....) et les raison de la violance.
avant, on tué pour voler de quoi ce nourir, par vengeance, par fiérté, maintenant, on tue pour voler le dernier truc a la mode, par orgueuille (ne pas confrondre orgueuille et fiérté), pour rien, par hazard......Chipolata a écrit:
Non, non et non. La seule différence, c'est qu'avant on en parlait pas.
Kevina a écrit:
(....) tu crois vraiment qu'un jeune paysans du 14ieme aurait poignardé un autre jeune payans pour lui voler son mp3?
O.M.G. Quand je vous dis que je développe des complexes de supériorité sur Internent....
jeudi 25 octobre
Paris Hotter
**Attention, article à haute teneur en spoilers inside. Prière de ne pas aller plus loin si vous n'avez pas encore lu le Tome VII (celui qui trouve de quelle série je parle gagne son poids en cacahuètes)**
Ce soir, la France s'embrasera une dernière fois pour le célèbre magicien Harry Potter, avec la sortie en langue française du dernier tome des aventures de Harry Potter. Au passage, vous qui en appréciez la traduction, sachez qu'elle est réalisée par le traducteur "officiel" de Roald Dalh : une personne de talent, sans aucun doute.
Bref, Les reliques de la mort sort enfin en français, et la presse est excitée comme une jeune pucelle effarouchée à l'aube de cette diffusion. Effarouchée ? N'exagérons rien.
Lu ce matin dans Matin Plus (attention, c'est ici les spoilers) : "Il y a la guerre dans ce dernier tome, il y a des morts, et des cicatrices qui ne se referment pas. On n'en dira pas plus (c'est déjà beaucoup, non?), mais que le lecteur se rassure, à la fin, le mal est définitivement vaincu. Quant à l'épilogue, il nous montre un Harry sous un jour totalement inattendu".
J'en déduis donc que l'auteur de l'article, un certain FN (non je ne suis pas influencée par ses initiales), est :
- Soit un sacré crétin
- Soit un sacré pédant qui prend les lecteurs pour des crétins, puisque n'importe doté d'un poil de raisonnement comprend à la lecture de cette article que 1) Voldemort est en fin de compte battu et 2) Harry reste en vie à la fin du bouquin.
Cela me rappelle la lecture d'un encart dans un Cosmo d'il y a quelques semaines. Sous prétexte de ne pas gâcher les surprises du lecteur mais de lui donner quelques clés pour frimer en société, la journaliste (connasse!) avançait que dans ce dernier un tome, un animal mourrait (un hippogriffe ? une licorne ? une chouette ?), qu'un personnage était amoureux de la mère de Harry (avec encore des noms avancés histoire d'enfoncer le clou) et encore une ou deux fausses questions dans la même veine.
Mesdames et Messieurs les journalistes (pas tous, dieu merci), je vais vous faire une révélation. Un spoiler, c'est le moindre indice qui gâche un tant soit peu le plaisir du lecteur.
Si je sais avant lecture qu'Harry, ou Hermione, ou n'importe quel personnage meurt, mon plaisir est gâché.
Si je sais que lui, ou elle, ou un autre, ne meurt pas, mon plaisir est également gâché.
Quand j'ai eu le tome VII entre les mains, je l'ai dévoré d'une traite pour surtout ne pas risquer qu'un abruti inconscient ne me dévoile quoi que ce soit de ce dernier opus. Petite Taupe l'a vite compris : il m'a fait des blagounettes 2 mn sur le thème "Qui est mort, ou pas" (je précise que Petite Taupe n'a jamais ouvert ce bouquin et ne s'y intéresse pas le moins du monde", j'ai aboyé avec une telle violence qu'il a compris qu'une Chipolata devant un Harry Potter est potentiellement dangereuse ("attention, saucisse méchante"). J'ai fini mon bouquin, j'en ai savouré la lecture, les rebondissements. J'ai échangé avec mes amis qui l'avaient aussi lu.
Quand à ceux qui prétendaient vouloir savoir un petit peu mais pas trop le contenu du bouquin, je ne leur ai rien lâché, pour ne rien leur gâcher.
Et je ne comprends toujours pas comment un journaliste peut être si peu respectueux de ses lecteurs pour lui révéler un dénouement attendu depuis des années. Un critique de ciné ne raconte jamais la fin d'un film, non ?
On parle aussi de Harry ici.
dimanche 17 juin
Surtout, n'y allez pas
"Madame, je n'écrirai rien sur ce film, c'est une merde*".

Photo chipée sur Allo Ciné
* Allez, pour tout vous dire, c'est une succession de clichés plus bâteaux les uns que les autres, avec en apothéose un plan sur le super-héros devant le drapeau américain sur le coup, ça m'a rappelé Donjons & Dragons, film que j'attendais pourtant avec impatience, mais (attention, spoiler) qui réussissait la fin la plus convenue jamais osée par un scénariste hollywoodien : le meilleur ami qui meurt parce qu'il le faut bien, mais pour le happy end qui réscussite à la fin.
Je ne pensais pas qu'on osait encore faire des films aussi mauvais, et dire qu'une collègue m'avait promis qu'il était bien.
Si vous voulez vraiment perdre votre temps, allez plutôt vous épiler les jambes à la pince. Ou faire un tour sur alapage.com réfléchir au futur cadeau que vous pourrez vous faire avec le bon d'achat de 15 euros bientôt mis en jeu sur ce blog, dès que j'ai trouvé un enjeu rigolo, quoi.
mercredi 13 juin
D & G
Il y a encore quelques mois, je devais publier un bouquin, un vrai qu'on trouve à la Fnac et tout et tout. Je n'étais pas entièrement satisfaite de son contenu, mais après tout c'était une commande pour répondre à un éditeur qui en était, lui, satisfait.
La couverture provisoire était belle, mon nom googlisé sur plusieurs pages. Je commençais à y croire vraiment.
Et puis parfois, on tombe sur des gens pas très réglos, qui ne vous rendent jamais votre exemplaire signé du contrat. Qui ne répondent ni aux mails, ni aux coups de fil, ni même aux lettres recommandées avec accusé de réception. Qui décident finalement de ne pas sortir le bouquin, et de ne pas vous payer votre travail (alors même que cette clause était contenue dans le contrat - contrat qu'ils ne vous ont donc jamais rendu).
Goliath contre David, je me sens bien faible et désarmée. Demander l'aide d'un avocat me prendrait un temps fou, sans parler d'argent - et sans contrat, quelle preuve ai-je de ce que j'avance ?
Bref, par moments j'ai envie de me battre, et le plus souvent me laisse décourager.
Mais quand je lis ceci, je me dis que bordel, il faut vraiment réagir, ne serait-ce que pour arrêter que les éditeurs prennent les auteurs pour des cons.
mardi 12 juin
Si loin, si proche
Hotel Rwanda. L'histoire vraie d'un homme qui, par son courage et sa détermination, sauva des centaines de réfugiés du génocide rwandais.
L'histoire vraie de l'occident qui a laissé crever l'Afrique pour des questions, sans doute très compliquées, sans doute de politique.
L'histoire vraie vraie du massacre sanguinaire de près d'un million de Rwandais assassinés en raison de leur appartenance vraie ou supposée à une ethnie. Trois mois, le génocide le plus rapide de l'histoire, triste record...
Comment peut-on prétendre justifier le meurtre sauvage d'hommes, de femmes, d'enfants ?
J'ai la chance d'être née sous des cieux plus cléments. J'espère sans trop y croire que j'aurais osé, moi aussi, me dresser contre cette barbarie.
Pour en savoir plus sur le génocide
dimanche 20 mai
Noctambule musophage
La Nuit des musées, c'est un super concept qui déchire sa race. A tel point qu'on se retrouve samedi soir quai Branly comme quelques centaines d'autres imbéciles qui ont eu la même idée que nous, et ce malgré les avertissements avisés de Petite Taupe ("on pourra jamais rentrer, y'aura un monde fou, m'enfin si ça te fait plaisir d'aller prendre l'air").
Du coup on se ballade entre pont de l'Alma et Troca, avec une pause au Champ de mars pour observer l'accouplement des canards (une femelle, dix-huit mâles à lui courir après, décidément les palmipèdes ont tout compris) quoique le plus intéressant dans cette scène était sans doute la lueur d'intérêt profond pour la chose au fond des yeux de Petite Taupe : et non, ce n'est pas un pervers qui raffole des tournantes animales (et il ne m'a jamais demandé au cours d'un coït si "[j'aimais] ça hein, espèce de canne". Humpf. C'est mauvais, passons).
Bref, la Nuit des musées, c'est un super concept qui pourrait déchirer sa race si un peu plus de lieux étaient ouverts au public afin d'éviter l'agglutinement de Parisiens devant quelques points stratégiques.
Mais surtout, le top du top, le plus merveilleux du merveilleux, ça serait que la nuit ne se termine pas à 22h30. En émergeant à 21h, c'est définitif, il faut oublier d'entrer.
Du coup, l'an prochain, c'est décidé, on partira pour l'Après-midi la Nuit des musées à 17h45 comme des rebelles, et na.
dimanche 06 mai
Touristude aiguë
Le premier dimanche du mois, comme vous le savez (ou pas), l'entrée des musées nationaux est gratuite. Vu le prix exorbitant d'une visite au Louvre (pas de tarif étudiant, sauf pour les étudiants en arts, rares privilégiés qui ont droit à la culture à prix réduit), Petite Taupe et moi décidons d'en profiter pour y faire un saut.
Après une âpre négociation (il n'est pas très branché peinture, j'ai trop vu les antiquités grecques), nous nous décidons pour les collections de l'Egypte du temps des pharaons.

© Musée du Louvre/C. Décamps.
Pour plus de détails, allez voir ceci
Je pourrais vous décrire longuement les techniques, les outils, les papyrus, les cuillères en forme de nageuse (allez savoir pourquoi, j'ai toujours eu un faible pour ces pièces-là), les amulettes, les sarcophages... Ces oeuvres qui allient art et artisanat, décidément je suis très sensible aux trésors de l'Egypte pharaonique.
Mais la curiosité ce matin au musée du Louvre, ce n'était pas les pièces exposées.
C'était les touristes qui, dès la première salle (quoique plus on s'enfonce dans les profondeurs de la collection, moins ils sont nombreux à le faire, trop occupés à grignoter assis sur un banc) s'arrêtent devant chaque pièce sans prendre le temps de les admirer pour les prendre en photo. Et vas-y que je dégaine mon numérique bon marché, mon appareil semi-professionnel, mon téléphone portable, ça m'en fera des souvenirs. Évidemment, la qualité des images doit être déplorable - la plupart des pièces sont rangées dans des vitrines sûrement pas traitées anti-reflet. Acheter des cartes postales, c'est possible aussi - quoique non, il faut bien montrer qu'on a vraiment vu le musée de l'intérieur (et puis ça fera des économies). Photos bientôt rangées dans un obscur dossier d'ordinateur qu'on n'ouvrira plus jamais, effacées au fur et à mesure du téléphone portable (parce qu'on a en a d'autres plus intéressantes à faire).
Juste le temps de poser longuement pour appuyer sur le déclic sans trembloter, en empêchant le visiteur non pourvu d'appareil photo (quelle drôle d'idée, aussi) de s'approcher de la vitrine pour lire le commentaire explicatif de telle ou telle pièce - vous comprenez, moi je prends des photos, moi j'ai besoin de place.
Le comble du mauvais goût reste tout de même ce touriste qui immortalise sa petite amie placée derrière une statue qui a perdu sa tête. Comme dans les parcs d'attraction, les points photo dans lesquels on peut se prendre l'espace d'un flash pour un bagnard au piloris de plastique ou pour un roi sur son trône de carton.
Bordel, j'ai beau apprécier les deux, le Louvre ressemble de plus en plus à Mickeyland, et ça, je pense que je ne m'y ferai jamais.
jeudi 05 avril
A pâlir (mais pas d'envie)
Attention, article sérieux, ça va vous changer des culottes dans le pantalon.
A la veille de chaque élection présidentielle, dans l'école dont je suis diplômée depuis l'été dernier, est organisée une simulation du scrutin du premier tour. A l'Institut d'Etudes Politiques, plus couramment appelé Sciences Po, la plupart des étudiants dont beaucoup y participent avec beaucoup de sérieux.
Il faut dire que dans notre cursus, dès la première année, on en mange du politique. Cours de vie politique, histoire des idées politiques, j'en passe et des meilleurs... Nombre d'étudiants se sentent fortement impliqués dans la politique : à Grenoble où j'ai fait mes études, si la majorité est traditionnellement à gauche, on a une belle brochette de vrais militants des MJS - les jeunes socialistes-, un solide noyau sarkozyste, des Verts jusqu'à plus soif ; le référendum sur le projet de Constitution pour l'Europe avait déchaîné les passions (jusqu'à faire se fâcher des amitiés ancestrales) ; et on compte au nombre des associations actives un Comité pour la VIème République. Du lourd, donc.
Les résultats de la simulation sont tombés ce matin. Sans surprise, Ségo arrive en tête (38% des suffrages, quand même), suivie de Bayrou (25%) puis de Sarko (13% - le noyau de sarkozystes est aussi solide que réduit). Rien de franchement surprenant jusque là, compte tenu de l'orientation politique de mon école, enseignants et étudiants confondus.
Mais un élément me laisse littéralement pantoise. Au cours de cette simulation, Le Pen obtient 5% des suffrages. 5% ce n'est rien, il en fera facilement 20% dans une quinzaine de jours (on parie ?). Mais 5%, c'est aussi énorme. Le Pen, c'est un type dont le programme entier tient, pour résumer, en une phrase : "Boutons les étrangers hors de France". Le Pen c'est un type qui a une communication efficace, aussi indispensable pour combler la vacuité de ses idées. Hors de toutes considérations idéologiques, par principe intangibles, soyons (soyez ?) honnêtes : Le Pen n'a rien à proposer. A ceux qui ne s'en souviennent pas, je rappelle que le point majeur en matière économique du candidat du Front national en 2002 était le "Retour au franc", qui pour tout économiste même débutant est au mieux une vaste fumisterie, au pire une annonce complètement démagogique car dénuée de tout fondement et aux conséquences catastrophiques en matière monétaire.
Et aujourd'hui, ce type obtient 5% parmi des étudiants pour qui, techniquement, les bases du droit, de l'économie et de la communication publique (pour faire très vite) sont connues. Ce qui me fait peur, c'est de me demander combien de voix notre sympathique Jean-Marie va pouvoir obtenir dans deux semaines grâce au Français moyen qui n'a, a priori, aucun moyen de déceler les incohérences (encore une fois, ne parlons pas d'idéologie) d'un programme à l'image de l'orbite meurtri du candidat du FN.
Ou alors peut-être est-ce, que dis-je, certainement que le programme de Le Pen n'intéresse personne. Que c'est l'idéologie et uniquement l'idéologie qu'il véhicule qui attire des électeurs. Que le réalisme politique n'intéresse plus personne. Allez savoir pourquoi ça me donne mal au coeur, je préférais l'idée qu'on vote à la fois pour un programme et des idées plutôt que pour les seules idées. Le deuxième tour Sarko / Le Pen, je ne l'espère pas, mais plus la date fatidique approche, et moins je vois une autre issu possible à ce scrutin. Et définitivement, je n'aime pas ça.
Nota : attention, je ne dénigre en rien le Français lambda, pas plus que je ne considère l'étudiant de Sciences Po supérieurement intelligent (y'a de ces crétins, je vous jure). Je considère juste que l'étudiant est censé avoir à sa disposition plus d'outils qui lui permettent d'analyser en toute objectivité un programme, une dernière fois, toute notion d'idéologie mise à part... belle utopie, non ?
mercredi 21 mars
C'est le printemps !
Au vu la couleur du ciel et la température ambiante ces derniers jours, Petite Taupe et moi nous sommes rabattus sur le Printemps du cinéma.

© SND. Photo chipée sur Allo Ciné
Notre choix s'est porté sur la Cité interdite, du réalisateur chinois Zhang Yimou, à qui l'on doit déjà le Secret des poignards volants et surtout le splendide Hero. Après une bonne demi-heure de pubs (pour le financement de ce Printemps ?), la salle devient noire et l'écran se remplit de ces couleurs si chères à Zhang Yimou. Dès le début, on est soufflé par un tourbillon à la fois visuel et auditif. Le palais multicolore, le froufroutement des robes richement brodées, le bling-bling des bijoux annonciateur des déplacement de l'Impératrice (traduit d'une façon peu convaincante par Reine dans les sous-titres français)...
L'esthétique du réalisateur déjà soucieux de ses tableaux visuels et de ses chorégraphies s'enrichit de ces sons légers qui deviennent assourdissants dans le silence pesant du palais impérial de la Cité interdite. Les protagonistes sont entourés en permanence de foules de dames de compagnie, hauts dignitaires ou serviteurs dont les déplacements réglés comme du papier à musique en font de simples automates dénués de toute âme, tandis que les armées qui se déversent par flots incessants se déplacent au pas des musiques des scènes de guerre.
La foule n'existe pas, les individus sont totalement niés - hormis cette famille impériale qui se déchire et sombre dans la folie. La volonté de vengeance qui règne sur le film vous remplit jusqu'à l'écoeurement aggravé par le sang éclaboussé sur les riches teintures de soie, sur les pétales jaunes des chrysanthèmes, sur la peau fragile de l'Impératrice.
Ne cherchez pas de morale dans la Cité Interdite. Cherchez-y uniquement la beauté, mais pas celle de l'âme humaine, affaiblie, pervertie, corrompue.
Si le film met un peu de temps à se mettre en route - l'atmosphère pesante de la Cité Interdite doit imprégner le spectateur- le rythme s'accélère au pas des soldats et à la danse macabre des assassins masqués et vêtus de noir. Chaque personnage s'y découvre, les secrets longtemps enfouis ressurgissent un à un comme les rancoeurs aussi anciennes que tenaces, les complots sont dévoilés et la machine s'emballe pour plonger la Cité dans un bain de sang qui n'épargne personne, ni les pions sans âme sacrifiés sur l'autel du pouvoir, ni cette famille impériale pourrie jusqu'à la moëlle, et dont Gong Li, qui nterprète la femme, la mère, la maîtresse, la traîtresse et la conspiratrice, est le visage par excellente : richement parée, digne et d'une beauté sans égale, et l'instant d'après les yeux remplis de folie et défigurée par la haine.
Allez savoir si je ne supporte plus la violence ou quoi, mais ce film m'a plongée dans un malaise grandissant - à tel point que j'ai envisagé de quitter la salle. Outre le sang versé sans une once de remord, les rapports entre les protagonistes sont profondément malsains et ne sont pas sans rappeler les tragédies grecques au sens premier du terme.
Les rires inopportuns des spectateurs (j'en connais un qui aurait détesté) aux moments les plus tragiques du film renforcent cette impression de malaise grandissant - entre les pourris et ceux qui n'ont rien compris, entre les esprits vengeurs et les faibles, la question de savoir quel rôle on aurait pu jouer dans cette farce macabre reste en suspens. Comme la boule qui vous reste en travers de la gorge quand les lumières se rallument finalement.
jeudi 18 janvier
-sigh-
Il y a quelques temps, Samir, un collègue de boulot dont j'ai déjà parlé ici, vient de me trouver d'un air offusqué.
"Chipo, toi qui es cultivée, dis-leur ! Je leur [d'autres collègues] parle du peintre Gustave Courbet, et eux ils me disent que c'est Julien Courbet ! Dis-leur que j'ai raison!"
Ça se passe de commentaire, non ?

